ruelle, un soir

 

Dans la nuit estivale, la perspective fait fuir les lumières

Des lampadaires, vers un point connu d’eux seuls,

Au creux de l’obscurité, de l’illusion et des chimères,

Là où des tigres imaginaires menacent et feulent.

 

Une lourde chaleur s’est installée, régnant en maître

Dans la ruelle étroite, vêtue d’un inquiétant clair-obscur.

Parfois, à un balcon, une silhouette tente de renaître

D’une improbable brise, glissant timidement le long des murs.

 

Des odeurs de cuisine tardive subliment les parfums de la rue.

Derrière une fenêtre éclairée, une discussion d’adultes s’anime,

Laissant s’échapper dehors trois garnements à demi-nus…

Une voix éraillée tente en vain de rendre riches de pauvres rimes.

 

Je sens monter en moi une soif de vapeurs oniriques…

Des vapeurs dont je perçois l’ondulation dans la nuit magnifique...

S’engouffrer dans l’imaginaire pour une ballade magique

Très loin de la Terre, là où l’amour n’est jamais utopique.

  

Roland Vannier

Toulouges le 29 juin 2015