Personnages multiculturel

 

Bien sûr, sur Twitter, le lien virtuel

Est tellement ténu, fragile, éphémère.

Pourtant, il véhicule tant de joie, de peine,

D’humour, d’amitié, mais aussi de haine.

Bien avant, j’étais loin de cette image

Et il m’a fallu un peu de courage

Pour enfin oser m’y aventurer

Et depuis, par instants, y demeurer.

 

Sur Twitter, je dis ma passion,

Ma solitude, ma moquerie, mon émotion,

J’écoute en lisant tous ces Gens

Je découvre des mondes différents.

Des mondes d’amour et de tolérance,

Des mondes de haine et d’indifférence.

Le monde « réel » raille la virtualité

Mais pourquoi opposer deux « réalités » ?

 

Bien sûr, sur Twitter, l’écran est un masque.

Un masque de carnaval avec ses frasques.

On y porte ses beaux atours, son « moi » le meilleur,

Et on reste silencieux sur ses ombres et ses peurs.

Tu vois bien rétorque  le« réaliste »,

Sur cet outil, il n’y a que des listes,

Des noms que tu ne vois ni n’entends.

Que sais-tu d’eux ? Comment être confiant ?

 

Sur Twitter, je fais des rencontres tendres,

Drôles, amicales, parfois à s’y méprendre…

Et n’est-ce pas le reflet de la vie « vraie » ?

Même les banalités et propos de bistro sont vrais.

Oui, reflet de la vie de tous les jours,

Dialogues à entendre à la récré, dans la cour.

Affligeants parfois comme des téléréalités,

Animés comme autour de la machine à café.

 

Sur Twitter, Je peux y trouver du lien social,

Une personne, un mot, une phrase joviale.

Jusqu’alors, pour les personnes isolées,

Il n’y avait que la radio ou l’envahissante télé

Pour aider les plus vulnérables dans leur solitude.

Sur le réseau, ils échangent leurs joies et vicissitudes.

Les personnes âgées, les malades, les exclus

Timidement, peuvent nouer un lien, même ténu.

 

Les deux « réalités » ne sont pas conflictuelles.

J’ai de vrais amis charnels et puis des amis virtuels,

Je partage des repas mais aussi des sentiments par l’écrit.

Je perçois des personnes, des joies, des soucis,

J’entends des appels, des demandes de soutien,

C’est la même détresse, la même demande de lien.

Si, à moi, la vie, la vraie, m’a tout appris,

J’apprends aussi et encore, sur les réseaux, la vie.

 

Sur Twitter, les contraintes d’exiguïté m’ont amené

A une discipline d’écriture plus lapidaire mais déterminée.

J’y suis fasciné par la diversité d’écriture, des sentiments,

De la culture. Et tout cela en si peu d’espace et de temps.

Les réseaux sociaux sont entrés dans la vie et n’excluent rien.

Ils ne deviendront que ce que l’on voudra bien.

Et si charnellement, M.de la Bruyère peignit les « Caractères »

Je les observe «dans la vie» et les limite à cent quarante sur Twitter.

 

 

Roland Vannier

Perpignan le 20 mars 2014