femmes africaines 3

 

A quoi rêvent-elles, les yeux sur l’horizon ?

Le feu du ciel dévore la bien maigre moisson…

Leurs petits enfants, décharnés, aux yeux creusés,

Semblent les implorer dans un silence résigné.

 

Elles n’ont plus rien à donner, ni mil, ni lait.

Elles aimeraient pleurer dans l’obscurité,

S’épancher, se vider de ce mal qui les tord.

Mais, taries, desséchées, elles sont sans force.

 

Leurs yeux vides et hébétés n’attendent plus rien.

Sur ces terres d’extrême pauvreté, la guerre des chiens,

Ces guerriers féroces qui leur arrachent les plus grands.

Elles s’agenouillent, supplient. Ils restent indifférents.

 

Ils feront de ces gamins, des soldats mercenaires

Au service d’un ignoble mégalo assassin et sanguinaire.

Ils les forceront à tuer jusqu’à banaliser les pires horreurs

Et, sous l’empire de la drogue, à tuer sans émoi apparent.

 

Ces misérables mères déchirées, violées, arrachées

Vont, envers et malgré tout, poursuivre leurs journées

A ramasser loin, de plus en plus loin, le bois desséché.

Elles vont continuer à porter sur leurs têtes l’eau contaminée.

 

Soumises à la domination de tous ces hommes violents,

Elles marchent, silencieuses, le regard perdu, les yeux au vent.

Depuis longtemps, elles ont enfoui, en elles, leur chagrin,

Elles se sont résignées à cette misère et ces guerres sans fin.

 

Ô Afrique, superbe continent d’où naquit un jour l’Humanité,

Ne vois-tu pas à quel point tous tes enfants sont exploités ?

Si tu le vois, qu’attends-tu pour porter la révolte des opprimés ?

N’ont-ils pas été suffisamment volés, méprisés, colonisés ?

 

Pourquoi laisses-tu ainsi les nouveaux tyrans locaux poursuivre

Le viol de ta splendide terre si riche où on y pourrait bien vivre ?

Vas-tu te laisser ainsi dépouiller par tous les colons de la terre ?

 

 

Puisque tant dhommes continuent de faire le malheur du continent,

Puissent les femmes africaines faire naître une jeune et belleAfrique.

 

 

Roland Vannier

Cabestany le 18 septembre 2018