soir d'été

 

Insensiblement, la lumière solaire diminue d’intensité,

L’obscurité se faufile lentement, agile et silencieuse,

Recouvrant  les dernières clartés les plus astucieuses

Dans les moindres recoins du jardin. Jusqu’à la cécité.

 

Les derniers pépiements et gazouillis s’estompent peu à peu.

Les oiseaux chanteurs commencent à cligner des yeux.

Seules, les odeurs persistent et résistent à la nuit cannibale

Qui dévore les couleurs pour que l’obscurité s’installe.

 

Des formes étranges se dessinent alors sur le ciel gris

Qui lui aussi va se laisser porter vers sa couleur de nuit.

Une légère brise se lève et agite la silhouette de l’oranger,

Dont les branches se balancent au gré du vent léger.

 

Les couleurs chatoyantes et diaprées se sont évanouies,

Le jour court vers l’horizon, chassé par l’inquiétante nuit.

Il s’en va éclairer de sa lumière, d’autres contrées lointaines

Où d’autres Hommes s’éveillent sur leurs joies et leurs peines.

 

Cette nuit, d’étoiles en galaxies, de trous noirs en trous blancs

Nos rêves nous transporteront à la vitesse de la lumière,

Demain, dans le jardin, le linge ondulera lascivement au vent,

Le soleil projettera sur un drap, des ombres de rêves évanouis.

 

 

Roland Vannier

Toulouges le 12 août 2018