sable 1

 

Sable fin, si fin, feulant dans la houle,

Grains de sable qui tournent et roulent,

Secoués par le tambour des rouleaux

De mer, s’enroulant de bleus abyssaux.

 

Balancés, roulés, frappés, agités,

Torturés par des vagues déchaînées

Puis, crachés par l’écume du ressac,

Penauds sur la plage, ils se plaquent.

 

D’autres suivent et avec eux se fondent,

Venus des ourlets de la mer profonde.

Ils retombent en crissant sur la grève,

Etourdis, émergeant  de mauvais rêves.

 

Toi, grain de sable, Oh, minuscule poussière,

Infime particule minérale de la planète terre,

La mer t’a arraché et du galet et de la pierre,

T’a réduit, mâché, recouvert puis découvert.

 

Nous humains, aussi, sommes venus de la mer,

Petites particules animales de la planète terre,

Issus d’une immémoriale transformation

Darwinienne…. Mystérieuse  prestidigitation.

 

Quand les temps et le vent nous sont mauvais

Souvenons-nous et mettons notre ego de côté

En écoutant le modeste chant des grains de sable

Qui laissent passer, stoïques et admirables,

Que les turbulences cessent, en pensant à la chaleur des plages.

 

Roland Vannier

Toulouges le 8 avril 2018