Fleurs des champs

 

La bonne heure, le bonheur sont éphémères.

Moments tant recherchés par nos congénères

Qui les magnifient comme des objets, des trésors

Qu’on trouverait, comme on découvre de l’or.

 

Certes, le plaisir, la jouissance, ces instants lumière,

Ces moments où notre corps quitte la terre

Dans des frissons d’émotions lumineuses

Nous transportent vers une transe merveilleuse.

 

Mais, bonheur et plaisir sont-ils Un… ou jumeaux ?

Sont-ils coagulés, confondus dans un même grumeau ?

Chercher le bonheur comme on cherche le plaisir

Risque fort d’aboutir à la déception et au déplaisir.

 

On peut chercher le plaisir. Il est à portée de main.

On le trouve dans une fête, une étreinte ou un bain.

Il ne faut jamais rechercher à atteindre le bonheur,

C’est lui, et lui seul, qui choisit quand sera l’heure.

 

Savoir distinguer le bonheur du plaisir,

C’est se préparer à vivre plus sereinement l’avenir.

Un certain écrivain dit que l’amour dure trois ans.

Oui, si cela consiste à rechercher le plaisir uniquement.

 

Le plaisir peut livrer d’intenses moments de jouissance

Mais confondre plaisir et bonheur conduit à l’errance.

Le bonheur n’est pas excitation ni adrénaline intense.

Le plaisir, on le trouve. Le bonheur arrive sans qu’on y pense.

 

Certains cherchent le bonheur comme on cherche le Graal

Mais le bonheur ne se trouve pas dans le matériel, le vénal.

Il ne côtoie pas non plus la gloire, la richesse, la grandeur.

Ceux qui le cherchent par là seront déçus, j’en ai peur.

 

Le bonheur est plus proche de la modestie et de la sagesse.

Il ne supporte pas les egos surdimensionnés et la tristesse.

Il aime par-dessus tout la modestie, la gaieté, la gentillesse.

Il apprécie la tolérance, l’ouverture, les belles promesses.

 

Il côtoie plus souvent les prés de ceux qui se remettent en cause.

Il court plus volontiers dans les champs de ceux qui osent

Regarder tendrement une fleur, un ciel bleu, un oiseau.

Ecouter avec émerveillement le murmure d’un ruisseau.

 

Le bonheur, c’est un sourire, un massif de fleurs sauvages,

Un nuage qui pleure de joie, des couleurs qui chantent,

Les babillements et les yeux d’un enfant qui enchantent.

Le bonheur n’est pas dans le pré. Ne courez pas !...

C’est lui qui décidera.

 

Roland Vannier

Toulouges le 28 mars 2018