enfant au violon

 

 

Tu m’as dit : ça ne sert à rien l’histoire,

C’est du passé. Seul l’avenir, je veux voir.

Mais, l’histoire ce sont nos fondations,

Pour bâtir demain, savoir qui nous étions.

C’est apprendre des réussites et des échecs,

Des choix entre les armes et les bibliothèques,

Des beaux moments et des tragédies,

Des souffrances, des joies et des embellies.

 

C’est savoir reconnaître pour demain

Les nuages qui menacent nos destins.

Repérer pour les peuples ce qui fait l’espoir,

Les mettre en face des moments noirs.

C’est rappeler les pièges dans lesquels tombent

Ceux qui, sans mémoire, creusent leur propre tombe.

Comment ignorer les erreurs et les atrocités,

Rester dans l’ignorance et reproduire le passé ?

 

Connaître le passé ne gêne en rien l’avenir,

C’est s’accrocher au passé qui empêche de « devenir ».

Un avenir ne peut être meilleur que si on tire des leçons

Des grandes erreurs, des machiavéliques manipulations.

Les autocrates, les dictateurs parient sur cet oubli

Qu’en quelques dizaines d’années s’installe une amnésie.

Je viens du Peuple, j’y suis fidèle, et ma colère est grande

De le voir, naïf, succomber aux sirènes du même danger.

 

Tu m’as demandé à quoi peut bien servir l’histoire.

Je t’ai répondu, mais vas-tu vraiment me croire ?

Je désespère de la faiblesse des mots face à l’ignorance,

Car pour l’éradiquer, il faut aimer que les mots dansent.

 

Roland Vannier

Toulouges le 10 avril 2014